Comment automatiser, fiabiliser et faire évoluer des systèmes d’information complexes ?
19 octobre 2026Comment automatiser, fiabiliser et faire évoluer des systèmes d’information complexes ?
19 octobre 2026
Dans un système d’information, la performance ne repose pas uniquement sur les technologies utilisées, mais sur la capacité à les orchestrer, à automatiser les opérations et à garantir la fiabilité des applications en production.
Au sein d’ITS Services, Aimé Koffi TCHEIBLEY, Ingénieur DevOps, intervient sur des environnements techniques complexes, au service de l’industrialisation, de l’observabilité et de la résilience des applications. Retour sur son quotidien, ses réalisations et sa vision de l’évolution des opérations IT.
👋 Bonjour Aimé, peux-tu nous présenter ton rôle et ton périmètre d’intervention ?
Bonjour ! Je m’appelle Aimé Koffi TCHEIBLEY et j’ai dix ans d’expérience dans l’IT. Depuis trois ans, j’interviens en tant qu’Ingénieur DevOps chez un acteur majeur du transport ferroviaire, sur une application stratégique qui assure les échanges entre plusieurs applications du client et celles de ses partenaires. Je fais partie d’une équipe de trois Ingénieurs DevOps intégrée à un département dédié à la gouvernance, à l’ordonnancement et à l’automatisation.
Mon rôle consiste à contribuer à la fiabilité et à l’industrialisation des environnements applicatifs, en travaillant notamment sur l’automatisation, l’observabilité et les mécanismes de déploiement. Dans un environnement où plusieurs applications et partenaires doivent communiquer efficacement, ces sujets sont essentiels pour maîtriser les dépendances techniques et sécuriser les opérations.
🎯 Quels sont les principaux enjeux DevOps pour une DSI aujourd’hui ?
Pour moi, l’enjeu est de trouver le bon équilibre entre rapidité de livraison, fiabilité opérationnelle et maîtrise de la complexité technique.
Une DSI doit pouvoir faire évoluer son système d’information sans multiplier les interventions manuelles ni fragiliser les applications en production. Cela suppose d’industrialiser les déploiements, de standardiser les pratiques, d’améliorer la visibilité sur le fonctionnement des applications et de faciliter la collaboration entre les équipes de développement, d’exploitation et d’architecture.
Le DevOps ne se limite donc pas à l’automatisation de quelques tâches. C’est aussi une démarche qui permet de rendre les opérations plus prévisibles, de réduire les risques liés aux changements et de mieux accompagner les évolutions du système d’information.
⚙️ Comment contribues-tu à la fiabilité et à la performance des applications ?
J’interviens sur plusieurs dimensions complémentaires : l’automatisation des opérations, l’orchestration des environnements, les chaînes de déploiement et l’observabilité.
Nous utilisons notamment Ansible pour automatiser certaines opérations, Kubernetes pour orchestrer les applications conteneurisées et Jenkins pour les pipelines de déploiement. Nous évoluons également dans des environnements multicloud, qui nécessitent une attention particulière à la cohérence des configurations et à la maîtrise des dépendances.
L’objectif est de limiter les manipulations manuelles, de rendre les déploiements plus reproductibles et de faciliter la détection des anomalies. L’observabilité joue ici un rôle important : elle permet de mieux comprendre le comportement des applications et de disposer d’informations utiles pour diagnostiquer les incidents.
Pour une DSI, l’intérêt est stratégique : disposer de processus plus industrialisés, faciliter le maintien en conditions opérationnelles et accompagner les évolutions applicatives dans un cadre mieux maîtrisé.
🏆 Peux-tu nous donner un exemple d’amélioration que tu as apportée au projet ?
Un sujet particulièrement intéressant pour moi a été celui qui concerne la gestion des certificats sur une architecture composée de plus de soixante microservices.
Auparavant, la génération des certificats nécessitait des opérations manuelles. Ce fonctionnement représentait une charge opérationnelle importante et multipliait les manipulations à réaliser sur les différents composants.
J’ai donc travaillé à l’automatisation de ce processus, en m’appuyant notamment sur les mécanismes de gestion des certificats et sur les keystores et truststores utilisés par les applications Java pour gérer les clés et les certificats de confiance.
Cette démarche a permis de simplifier le processus et de le rendre plus reproductible. Elle illustre bien la valeur du DevOps : transformer une opération technique répétitive en un processus industrialisé, plus facile à maintenir et à faire évoluer.
Au-delà du gain opérationnel, ce type d’automatisation contribue à mieux maîtriser les interventions sur des composants nombreux et interdépendants. Il reste toutefois essentiel de conserver une gestion rigoureuse des droits, des secrets, des échéances de validité et du renouvellement des certificats.
🤖 Quelle place l’intelligence artificielle pourrait-elle prendre dans les opérations IT ?
Je pense que l’intelligence artificielle peut apporter une réelle valeur aux équipes Ops, notamment pour accélérer l’accès à l’information, faciliter l’analyse et automatiser certaines tâches.
Le RAG, ou Retrieval-Augmented Generation, est une approche particulièrement intéressante. Elle permet à une IA générative de s’appuyer sur une base documentaire ou une base de connaissances interne pour produire des réponses adaptées au contexte de l’entreprise.
Concrètement, cela pourrait aider les équipes à retrouver plus rapidement une procédure d’exploitation, à consulter une documentation technique ou à identifier des informations utiles lors du diagnostic d’un incident.
Pour autant, l’intégration de l’IA doit être encadrée : la qualité des sources, la confidentialité des données, la traçabilité des réponses et la validation humaine restent essentielles, en particulier dans les environnements de production.
À terme, je pense que l’IA permettra surtout de réduire certaines tâches à faible valeur ajoutée et de dégager davantage de temps pour l’analyse, l’architecture et l’amélioration continue.
🔄 Si tu pouvais faire évoluer un processus opérationnel dès demain, lequel choisirais-tu ?
Je chercherais à fluidifier davantage l’ensemble du workflow CI/CD, depuis la construction de l’application jusqu’à sa mise en production.
L’objectif serait de réduire les ruptures entre les différentes étapes, de limiter les interventions manuelles et de renforcer les contrôles automatisés. Une chaîne plus cohérente permettrait de rendre les livraisons plus prévisibles et de faciliter l’identification des points de blocage.
Pour moi, l’industrialisation ne consiste pas uniquement à automatiser chaque étape séparément. Il faut aussi s’assurer que l’ensemble du processus fonctionne de manière cohérente, mesurable et reproductible.
🚀 Quelles compétences seront déterminantes pour les équipes DevOps de demain ?
La maîtrise technique reste fondamentale, notamment en matière de systèmes, de réseaux, de cloud, d’automatisation et de conteneurisation. Mais elle ne suffit plus à elle seule.
Il faut également être capable de comprendre l’architecture globale du système d’information, d’identifier les dépendances entre les composants et de mesurer les conséquences opérationnelles des choix techniques.
L’esprit critique, la capacité à remettre en question les pratiques existantes et le travail en équipe sont tout aussi importants. Avec l’évolution du cloud et l’arrivée de l’IA dans les opérations, les Ingénieurs DevOps devront aussi savoir évaluer les nouveaux outils, comprendre leurs limites et les intégrer de manière pertinente.
La valeur d’un expert se mesure autant à sa capacité à résoudre un problème qu’à celle de prévenir sa réapparition.
⚓ Un dernier mot pour résumer ta vision du métier ?
Je choisirais l’emoji ⚓, pour symboliser la capacité à garder le cap dans un environnement technique complexe.
Le DevOps, c’est savoir orchestrer, anticiper et automatiser, tout en gardant une vision d’ensemble. L’objectif est de construire des environnements fiables et évolutifs, capables d’accompagner les besoins métiers.
Pour la suite, j’aimerais approfondir ma maîtrise de l’intelligence artificielle et explorer ses applications dans les opérations IT, notamment pour améliorer l’automatisation, l’analyse et le partage des connaissances.
C’est un domaine en pleine évolution, et je souhaite continuer à expérimenter pour identifier les usages qui apportent une réelle valeur aux équipes et aux systèmes d’information.


